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Rotincia - Accueil Accueil Rotincia > Ressources > Le Canton de Montdidier

Description
du Canton de
Montdidier
par M. l'abbé Godart

Notes historiques et archéologiques sur les communes du canton > Hargicourt

Hargicourt est situé à 9 kilomètres N.O. de Montdidier. Le village est bâti au bas des pentes qui limite la vallée des Trois Doms à l'ouest et se cache dans un repli de terrain juste en face de Pierrepont qui s'étend de l'autre côté de la rivière, le long de la rive droite. Trois rues parallèles, d'inégales longueurs, tombent perpendiculairement sur le chemin qui va de Pierrepont à Malpart : c'est sur cette dernière rue que se trouve l'église, édifice de construction moderne, enclavée dans le parc du château de Mr le Comte de Puget.

La population est de 323 habitants ; la superficie du territoire est de 519 hectares.

 

Ce village ressortissait jadis au bailliage et à la prévôté de Montdidier. Son nom n'a pas subi d'altérations bien importantes. En effet d'Hargicourt que nous trouvons dans une bulle Pascal en 1109 ou d'Hargicort qu'on rencontre dans le cartulaire de St Martin aux Jumeaux en 1135, à la forme actuelle Hargicourt, la différence est minime.

 

Les plus anciens seigneurs connus appartiennent à la famille de Gaucourt. Gaucourt était un petit hameau situé à très peu de distance d'Hargicourt ; une prairie bordée d'un côté par l'Avre, de l'autre côté par la Brache porte encore ce nom ; et selon une tradition constante, c'est là que se trouvait le château fort des seigneurs. Et de fait, on voit encore quelques restes de constructions anciennes, et, il y a quelques années, des ouvriers en extrayant de la tourbe, trouvèrent des armes, des ustensiles de ménage, entre autres des chenets et des vases en cuivre. Le château, pris et repris pendant les guerres du XIVe siècle fut abandonné par les seigneurs, qui vinrent s'établir à Hargicourt même. Il n'en reste qu'un souvenir dans le lieu dit le Fort.

 

La maison de Gaucourt [Gaucourt portait : d'azur au lion d'or, semé d'étoiles de mêmes, selon La Morlière : d'hermines à deux poissons adossés de gueules, selon le P. Daire.] tire son origine de Raoul, Ier du nom, seigneur de Gaucourt et d'Hargicourt en 1270 ; il mourut en 1303, laissant plusieurs enfants dont Raoul II : il fut l'un des seigneurs qui se liguèrent en 1333, laissant Raoul III qui épousa Jeanne de Poissy (?).

Raoul IV. Celui ci épousa en 1es noces Béatrix d'Ossonvillers, de qui il n'eut pas d'enfants, et en 2es Isabeau de Cramailles, qui lui donna 1° Hugues, qui fut seigneur de Gaucourt et mourut sans postérité et 2° Jean qui suit.

Jean de Gaucourt, seigneur de Gaucourt, Hargicourt, Maison sur Seine, Viri, etc, épousa Jeanne de Farinville et mourut en 1393, laissant 6 enfants dont Raoul qui suit.

Raoul V, seigneur de Gaucourt, chevalier, épousa en 1es noces Marguerite de Beaumont, dont il eut 1° Guillaume qui mourut en 1405 et 2° Raoul VI.

Celui ci épousa Jeanne de Preuille dont il eut quatre enfants ; l'aîné fut Charles I qui suit.

Charles Ier seigneur de Gaucourt, Hargicourt, Chateaubrun et Naillac, chevalier et chambellan des rois Charles VII et Louis XI, leur rendit des services considérables et mourut à Paris en 1482. Il avait épousé Agnès de Vaux dont il eut Charles II qui suit ; Jean et Louis qui furent évêques d'Amiens et quatre autres enfants.

Jean de Gaucourt fut nommé en 1473 Evêque d'Amiens en vertu d'un mandat apostolique de Sixte IV. Il n'avait que vingt deux ans. Il n'occupa le siège d'Amiens que pour peu de temps : sa mort l'ayant enlevé le 14 mai 1476. Treize jours plus tard, le roi Louis XI désignait Louis de Gaucourt pour succéder à son frère. Louis s'était fait remarquer par la vivacité de son intelligence et d'heureuses qualités. Tout faisait présager un épiscopat prospère : une mort prématurée le ravit à l'amour de son peuple en 1482. Jean et Louis avaient eu pour maître Pierre Burry, chanoine d'Amiens, dont le tombeau se voit encore dans la cathédrale : il est adossé contre le pilier à gauche en entrant. Burry, malgré la douleur que lui causait la perte de ses élèves, cédant à l'amour des jeux de mots, un des travers de son époque, avait trouvé dit son biographe, dans le nom même de Gaucourt, le présage de leur court destin: Nomina rebus aptare volens eos merito de Gaucourt, id est de gaudio curto et brevi interpretatus est.

Charles II, frère aîné des précédents, vendit la terre et seigneurie de Gaucourt et d'Hargicourt en 1498 à Antoine de Fay, déjà seigneur d'Aubvillers, Mongival et Sauvillers en partie, indivisément avec Antoine de Mailly. Celui ci mourut en 1518. Ses créanciers firent vendre une partie de ses biens ; les terres et seigneuries d'Hargicourt, Gaucourt, Sauvillers et Mongival furent adjugées en 1551 à François de Conty*, seigneur d'Avermont.
* Conty portait : d'or au lion de gueules à trois bandes de vair.

La famille de Conty remonte à Guillaume de Conty, Ier du nom, maïeur d'Amiens en 1366, et semble tirer son nom de la terre de Conty en Picardie. Il eut deux fils dont l'aîné, Guillaume, fut également maïeur d'Amiens ; celui ci laissa de son mariage avec Marie Accave ? un fils Jean qui, en 1457, épousa Marie de Hénancourt, d'où :

Jean IIe du nom, qui eut de sa femme Gabrielle de Mailly six enfants, dont l'aîné :

Jean IIIe du nom, épousa Anne de Herbelot et continua la branche aînée de de Conty. Son frère, le sixième des enfants de Jean III, François, chevalier, épousa Claude de Herbelot, sœur de Anne de Herbelot et se rendit acquéreur par arrêt du Parlement en 1551 des terres de Gaucourt, Hargicourt, le Quesnoy, etc. et fut le chef de la branche des Conty-Hargicourt. Il mourut en 1556, laissant quatre filles et un fils qui suit.

François, IIe du nom, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roy épousa en 9bre 1574 Isabelle de Lantier, dont il eut : 1° Bernard, qui suit ; 2° Renée ; 3° Michel qui fut reçut chevalier de Malte en 1598 ; 4° Jean, dont la réception dans l'ordre de Malte est de 1597 ; et 5° enfin Françoise.

Bernard de Conty, marié en 1es noces à Louise de Poissieux qui ne lui donna pas d'enfants, épousa en 2es noces le 5 7bre 1607 Madeleine de Branchelion, d'où sont issus trois enfants : 1° Jean François ; 2° Henry mort sans postérité et 3° Marie, qui devint religieuse de l'abbaye royale de N.D. de Soissons.

Jean François de Conty, chevalier, capitaine de chevaux légers, lieutenant colonel du régiment d'Elbeuf, épousa en 1es noces Jacqueline de Brouilly (1636) et en 2es noces Marie Dupuis. De son premier mariage il eut trois enfants, dont deux seulement vécurent : François Marie et Madeleine, qui alla rejoindre sa tante à l'abbaye de Soissons. Il mourut en 1674.

François Marie de Conty, seigneur d'Hargicourt, Gaucourt, le Quesnoy, etc, lieutenant au régiment de Picardie, épousa Marie Madeleine de Tristan, en 1es noces et en 2es Marie Catherine de Fleurtons. Du premier mariage étaient nés trois enfants : 1° Antoine Germain, qui suit ; 2° Nicolas ; et 3° Jean François, dont une fille fut mariée à Mr de Mareuil.

Antoine Germain de Conty épousa Jacqueline de Vendeuil, dont il eut huit enfants, dont Jacques Germain, qui suit. (Nous citerons encore la troisième fils, Henry César de Conty, qui épousa Marie Marguerite de Champien, dont deux de ses fils allèrent chercher fortune en Amérique. Lui même mourut en 1736, commandant du château d'If en Provence). C'est Antoine Germain de Conty qui - de 1700 à 1702 - fit construire le château actuel. Il mourut en 1716 et fut suivi de près (1717) dans la tombe par sa femme Jacqueline de Vandeuil.

Jacques Germain prit pour femme Claudine Thérèse de Court. De ce mariage naquirent : 1° Marie Antoinette Germaine, qui ne fut pas mariée et mourut à l'âge de vingt deux ans ; 2° Jacques Timoléon ; 3° Marie Elizabeth ; 4° Marie Joseph, qui devint chanoine de la Ste Chapelle de Paris en 1749 et mourut à Paris en 1791 ; et 5° Claudine Germaine, qui fut dans la suite religieuse de l'abbaye d'Origny. Me Jacques Germain mourut subitement à Meaux et y fut enterré dans l'église des Cordeliers.

Jacques Timoléon de Conty, fils du précèdent, épousa en 1753 Marie Françoise Suzanne de Montbel ; il n'en eut aucun enfant, et fut le dernier du nom. Il était, dit-on, d'une incomparable bonté. N'ayant pas de rejetons, il donna la terre et seigneurie d'Hargicourt à sa nièce Louise Michel Elizabeth de Fumel. Celle-ci avait épousé Jean Baptiste Guillaume, marquis du Barry, mestre de camp du régiment de la Reine Cavalerie. On le connaissait sous le nom de comte d'Hargicourt qu'il avait été autorisé à prendre par lettres patentes du Roi, données au mois de juillet 1774.

Bientôt survinrent les événements de la Révolution. le marquis de Barry et sa femme furent au nombre des victimes. Le vieux seigneur d'Hargicourt, en sa qualité de noble avait été lui aussi jeté en prison ; il s'y rencontra avec Jean Edmé, comte de Puget, se prit d'amitié pour lui, et, quand il fut rendu à la liberté, il lui vendit la nue propriété de son domaine d'Hargicourt, moyennant une rente viagère. Le comte de Puget n'eut pas à la payer longtemps, puisque le 20 germinal an V mourait à Hargicourt le dernier seigneur de ce pays, Jacques Timoléon de Conty, connu généralement sous le nom de Comte d'Hargicourt.

Le château et le domaine qui en dépend sont actuellement entre les mains de Mr le comte Arnold du Puget, petit fils de celui dont nous avons parlé plus haut. Nous donnerons un extrait de la généalogie de la famille du Puget qui est originaire de Provence et dont une des branches établie dès le XVIe siècle dans la Bresse se fixa en Picardie par suite du mariage d'un de ses membres avec une demoiselle de Bachimont.

La seigneurie d'Hargicourt dépendait de la châtellenie de Boves. Elle comprenait la plus grande partie des maisons du village, le bois du Quesnoy, les terres, prés, aulnaies, marais, vignes, garennes, moulin, droit de rouage et d'afforage, avec cinq petits fiefs qui étaient enclavés dans le domaine et dont nous ne connaissons que les noms : les fiefs de Cuvillier, de Carmenguy ? d'Attely, de Ruquonoy* et enfin un autre fief appartenant à l'abbé de St Martin aux Jumeaux et dont était tenus 7 maisons d'Hargicourt.

*C'est le curé qui, en 1778, indique ce fief sans plus de détails à la fin de son registre des actes de catholicité.

Nous savons en outre que la seigneurie jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice selon la coutume de Montdidier : de nombreuses pièces qui se trouvent aux archives du département (Fonds de l'Intendance B.1217) nous donnent les noms d'un certain nombre de ce officiers de la justice seigneuriale. Nous croyons faire plaisir en les inscrivant ici ; quelques familles seront peut être bien aises d'y trouver la preuve de l'ancienneté de leur établissement dans la commune. Les voici dans l'ordre chronologique.

Nous ne trouvons qu'un seul nom de bailli : celui de Jean Be Boissier, en 1766. Les noms des lieutenants de bailli sont plus nombreux.

Oct. 1600                          François Tonnelier

Nov. 1627                        Antoine Pointin

Nov. 1631                        Firmin de Caix

7bre 1650                         Firmin Bourdon

Juin 1663                          Adrien Tonnelier

Avril 1671                        Philippe Lemaitre

Déc. 1675                         Antoine Tonnelier

Jan. 1681                          François Tonnelier

Jan. 1717                          Martin de Caix

Juil. 1738                          Pierre Canis

Déc. 1743                         Pierre Camboche

Mars 1744                        Charles Bourdon

Mars 1746                        François Verdure

Sep. 1764                         François Duacheux

Avr. 1768                         Adrien Lemaitre

En l'absence du bailli, en 1789, furent remplies par Pierre Isabeau Bourdon et en 1790 par Pierre Elizabeth Bourdon.

Ces mêmes pièces font mention d'un procureur fiscal de la seigneurie d'Hargicourt : c'était en 1769 Jean Baptiste Cuvillier ; d'un greffier, François Plébeaux et enfin d'une sergent. Nous trouvons en 1687, Pierre Pellé - en 1716, François Tonnelier : ce sergent féodal faisait signification le 24 octobre 1727, au sortir de la messe paroissiale, "de défense en nom du seigneur de donner à manger ou à boire dans les cabarets pendant les heures du service divin - enfin, en 1778, François Bonnay. On voit que le personnel judiciaire était au complet.

Il y avait quelques autres fiefs sur le territoire de Hargicourt ; citons :

1° le fief de la Terrière qui en 1759 appartenait à Jean François de Rangueil, écuyer, seigneur de Popincourt, etc.

2° les fiefs de Pressemance et de Watron, saisis à la requête de Jean Be Nicolas Guillaume, marquis du Barry, comte d'Hargicourt, maître de camp du régiment de Royal Champagne.

3° Enfin un fief noble consistant en une maison entourée de haies et de fossé, tenant à la voirie, à la rue du Moulin et à la ruelle Brebière. D'après un aveu du 5 juin, il était tenu en 1705 par Louis Bourdon, laboureur.

Les lieux dits nous donnent encore le nom et l'emplacement d'un autre fief, consistant en terres et nommé le fief de Sourdon.

 

L'église, sous le vocable de St Georges, est comme nous avons dit, de construction moderne : elle a été bâtie sur les plans de Me Herbault, architecte diocésain. Elle est dans le style purement ogival du XIIIe siècle : elle fut bénite le 25 mars 1857 par Mgr Boudinet, Evêque d'Amiens. Elle a conservé de la vieille église un St Georges à cheval d'une bonne exécution ; c'est un morceau de sculpture qui semble dater de la Renaissance.

L'ancienne église possédait trois cloches qui présentaient un intérêt particulier : elles avaient été fondues sur la place même d'Hargicourt. La plus grosse pesait 801 livres, était nommée Marie Louise et avait eu pour parrain : Jacques Timoléon de Conty, le seigneur d'Hargicourt et pour marraine, la comtesse de Grivesnes, Marie Louise de Belloy - La 2e pesait 569 livres ; parrain et marraine : Louis Marie de Mailly et Claudine G. de Conty, abbesse de Montivilliers ; elle s'appelait Claudine Germaine. Enfin le 3e pesait 411 liv. et se nommait Marie Antoinette ; parrain et marraine : Mgr Paul Auguste Serba, ministre plénipotentiaire de la république de Gênes et Marie Antoinette Thérèse de Conty Hargicourt.

Deux de ces cloches ont été fondues au moment de la Révolution ; la troisième à la suite d'un accident fut refondue et remplacée par celle qui se trouve encore aujourd'hui dans le clocher ; elle porte l'inscription suivante : L'an 1786, j'ai été bénie par Mr Antoine Bernard Le Roy, curé de cette paroisse, en présence de très haut et très puissant seigneur Timoléon de Conty, marquis, seigneur d'Hargicourt et Gaucourt, le Quesnoy, Neuvillette, Hangest, Bonvillers, Lormel ?, Hangard et autres lieux. Deux autres cloches l'accompagnaient : elles sont dues à la magnificence de l'Empereur Napoléon III à qui le curé d'Hargicourt adressa une supplique, modèle de finesse, d'adresse et d'esprit (voir in fine).

La paroisse appartint d'abord au doyenné de Montdidier ; elle en fut détachée pour être réunie au doyenne de Davenescourt. "Le collateur de plein droit était l'évêque d'Amiens, en tant qu'abbé de St Martin aux Jumeaux : le pape Pascal avait confirmé en 1109 la possession de l'autel d'Hargicourt à ladite abbaye. Dans un acte de transaction datant de 1135, on voit qu'un certain Adam, surnommé la Rage (Rabies), qualifié de seigneur du lieu, consentit en présence de Guarin, Evêque d'Amiens, au profit des religieux de St Martin, leur rentrée en possession de la cure d'Hargicourt dont ils avaient été déjà dépossédés par ses prédécesseurs".

"La cure n'avait que la demi-dîme : le reste appartenait à l'Evêque et aux trois chapelles de St Augustin, en la cathédrale, à la collation de l'Evêque.

"L'abbaye aurait donc possédé anciennement sa portion de dîme, sinon le tout. En l'année 1294, le curé d'Hargicourt déclara, sous le sceau de l'official, que, nonobstant les sentences obtenues par lui et dont il se départait, les 2/3 des menues dîmes appartenant à l'abbaye de St Martin, en vertu de son droit de patronage : que dans les lins, les légumes, les chanvres, cette même abbaye avait les 2/9 et que partout où la cure prenait la dîme, elle avait droit à deux parts contre lui une (Invent. de St Martin)".

D'après la déclaration (rectifiée) du curé, Me Jacques Wable, du 23 juin 1728, les revenus de la cure étaient, déduction faite des charges, de 324 liv. Mr Darsy dans son récent ouvrage "Le Clergé d'Amiens en 1789", nous apprend que les revenus s'étaient depuis élevés à 700 liv.

Parmi les fondations, figuraient deux obits fondés par la famille de Gaucourt (au XVe siècle) le lendemain de la fête de St Georges : la messe était à sous diacre : le curé recevait XX sols et la fabrique XXXVI sols, sommes considérables pour l'époque.

Voici les noms des curés qu'il nous a été possible de relever :

Le plus ancien est celui de Jean Morel, en 1415.

Les actes de catholicité nous donne :

1687  .. Lanquez

1689  Louis de Bertin ; il était bachelier en théologie de la faculté de Paris. Il existe de lui aux archives départementales un certificat donné par le curé et daté du 13 mars 1693 : il constate que le feu ayant pris à la maison de Firmin Favery, laboureur à Hargicourt, celui-ci se trouve avec une femme et quatre enfants réduits à la plus extrême misère et qu'il fut contraint de recourir aux aumônes des personnes charitables. Louis de Bertin eut en 1695 pour vicaire Pierre Coquet, qui plus tard fut nommé curé de Boulogne la Grasse (Oise).

1697  Jacques Wable

1729  Jean Baptiste Avenaux

1738 Claude Andrieu. Le 29 décembre 1741, Mgr Louis François Gabriel de la Motte, évêque d'Amiens, se trouvant en visite à Hargicourt, le marquis d'Hargicourt lui présenta une boîte couverte de papiers marbré contenant des reliques. Ce prélat ouvrit le coffret et après avoir reconnu les ossements qu'il contenait, il fit savoir "par un acte public qu'il avait trouvé deux parties des chefs des SS Célestin et Vixtor ; qu'il avait mis une partie de la relique de St Célestin dans une châsse de couleur bleue et une partie de celle de St Victor dans une châsse de même couleur : que ces deux châsses étaient destinées à l'église d'Hargicourt, et qu'il permettait d'exposer les dites reliques à la vénération des fidèles et de célébrer le jour de St Jacques 1er mai la fête de la translation des reliques et qu'il accorde 40 jours d'indulgence à ceux qui vénèrent ces précieux restes dans l'église d'Hargicourt". Ces reliques sont conservées encore dans ladite église : nous ne savons si elles sont toujours l'objet d'un culte spécial.

1754  Antoine Bernard Le Roy. Ce fut le dernier curé avant la Révolution. Quand on exigea des ecclésiastiques le serment à la Constitution Civile du Clergé, il refusa de le prêter et partit pour l'exil. On dit qu'il mourut à Constantinople. Son nom figure dans le Nécrologue de l'Ordre du diocèse d'Amiens de 1801.

Après le rétablissement du culte, la paroisse d'Hargicourt fut rattachée à celle de Malpart et desservie par le curé de cette dernière commune. Un d'entre eux, l'abbé C. Lois, qui exerça le ministère de 1805 à 1831, se retira alors à Hargicourt et y mourut l'année suivante, laissant sa mémoire en vénération.

C'est en 1848 seulement qu'Hargicourt fut érigé en succursale. Mr T.. Pluquet fut le premier titulaire et resta jusqu'en 1859. Depuis on eut :

1859             François Warin, mort doyen d'Ault

1868             Henri Deprissy, depuis curé de Guillaucourt

1875             Charles Vignon, encore en exercice.

Pour terminer l'histoire religieuse d'Hargicourt, il nous reste à parler de N.D. d'Hargicourt. On désignait jadis sous ce nom un pilier en maçonnerie au haut duquel se trouvait dans une niche la statue de N.D.. Il avait été bâti en 1779 par Mademoiselle Marie Elisabeth de Conty Hargicourt et béni par son frère Me Marie Joseph de Conty, chanoine de la Sainte Chapelle de Paris. Ce petit monument fut rebâti tout en pierre sculpté en 1867 par Mr le Vte Raymond de Puget, l'un des courageux défenseurs de la cause de Pie IX. C'était la réalisation d'un vœu fait par lui. Tous les ans, le 8 7bre, on fait une procession solennelle au petit oratoire de N.D. d'Hargicourt. Cet édicule se trouve à l'entrée du village, au croisement des routes d'Hargicourt à Braches et de Pierrepont à Aubvillers.

 

Donnons maintenant les noms des hommes à qui a été confiée la direction des affaires municipales, depuis l'établissement d'un nouvel ordre des choses :

1793             Charles Antoine Despréaux, officier public préposé à la rédaction des actes de l'Etat Civil.

An IV           Séverin Bonnay, agent municipal

An VI           Vincent Pierre Noël Bourdon, idem

An X             Edouard Bonnay, maire

1809             Auguste Edmé Comte du Puget

1830             .. Flers

1831             .. Plébeaux

1835             Henri Harduin

1840             Estève Cte du Puget

1849             .. Galand

1852             .. Bonnay

1857             .. Pétermann

1859             D. Pluquet

1860             Octave Decaix

1871             Arnold Cte du Puget

1874             Elie Harduin

1878             Arnold Cte du Puget, 2°

1882             Valère Le Roy

1884             Arnold Cte du Puget, 3°, en exercice (1894)

 

Parmi les lieux dits, nous relevons les suivants : la Maladrerie - la Tuerie (ce nom semble indiquer qu'il y eut en cet endroit un engagement meurtrier : il y aurait à faire des fouilles) - le Fort - la Terre St Georges - la Fief St Martin : ce nom rappelle les droits possédés autrefois par l'abbaye de St Martin aux Jumeaux - les Vignes - le Quesnoy - le Fief Sourdon - le Fort Mahon - le Corel - Gaucourt. Nous avons dit plus haut que ce fut d'abord le chef lieu de la seigneurie de Gaucourt-Hargicourt.

On a fait aux habitants d'Hargicourt une réputation de simplicité et de crédulité qu'ils ne méritent pas plus que d'autres. Il y a même un proverbe qui le rappelle ; on dit en effet : "Chés Lurons d'Hargicourt" ; ce serait par antiphrase. Plus communément on appelle les gens de ce pays : "Chès Hurons". Déjà Scellier disait à ce propos : "On attribue aux habitants de ce village beaucoup de naïveté et l'on raconte sur eux toutes sortes d'historiettes  ; ce qui leur a fait donner le surnom de "Hurons". Mais il ajoute finement : "La raie en est éteinte. Ceux d'à présent (il écrivait en 1756) sont forts adroits, entendus, industrieux, de très bons sens". Nous aimons à croire que ceux d'aujourd'hui méritent les mêmes éloges.

 

Réparons une omission que nous avons faite. Les deux cloches nouvelles obtenues (1857) sur la demande de Mr l'abbé Pluquet furent fondues par Cuvillier d'Amiens. La moyenne pesait 300 kil. fut nommée Louise Eugénie par Jacques Dominique, Vte de Beaurepaire, et dame Marie Clémentine Hermance Aubert de Montovillers, comtesse du Puget - parrain et marraine : le Prince et la princesse Odesralchi.

La petite pèse 200 kil. et eut pour parrain et marraine : Louis Estèphe Arnold Comte du Puget et dame Alexandrine Gabrielle de la Myre, vicomtesse de Beaurepaire. Elle se nomme Louise Eugénie.

 

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